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Le boulot de Raoul : un métier de femme

Aujourd'hui, Raoul nous présente son boulot presque parfait. Raoul, c'est une collègue de La Fonctionnaire, qui a exercé son "métier de femme" pendant quelques années.




Raoul a un métier de femme. Au fait, Raoul est une femme, pour ceux qui suivent pas (pas un scoop). On va l’appeler Mme Raoul pour une meilleure compréhension dans ce texte.

Le métier de Mme Raoul, c'est maître d'ouvrage.

En gros, le métier de Mme Raoul, c'est de fouetter des hommes du bâtiment, de les engueuler, de se pointer en costume et chaussures de filles sur le chantier, au mépris des consignes de sécurité et de la délicate subtilité des dites chaussures, pour faire sa maligne en demandant mais pourquoi qu'il-a-pas-encore-fourni-ses-plans-d'éxécution-M. Pinchetta, hein ? Vous allez vous magner parce que vous foutez tout le monde en retard ! Pour le professionnal joke, une copine de boulot s'est fait un jour appeler "maîtresse d'ouvrage"...


Raoul en Friday Wear






Un des aspects du métier de Mme Raoul, c'est de s'assurer que tout est bien en place pour que le chantier puisse se faire (techniquement, financièrement, administrativement, contractuellement et DANS LES DELAIS), mais sans pour autant avoir le nez dans le détail. Poser la porte, la prise électrique, le groupe électrogène, c'est le boulot des entreprises de bâtiment. Savoir si la porte est mal posée, la prise électrique au bon endroit, ou si le groupe électrogène délivre la bonne puissance, c'est le boulot du maître d'oeuvre (l'architecte et le bureau d'étude). Savoir si tout se passe bien, et détecter à temps s’il y a un problème qui ne se résoud pas et qui bloque tout, ça c’est le métier de Mme Raoul.


Donc parfois, en cas de crise, Mme Raoul est forcée de s'intéresser à des sujets très techniques, juste histoire de vérifier que les gens qui savent de quoi il s'agit (tous les autres gens du chantier) se comprennent et arrivent à débloquer la situation. Du coup, elle participe, et parfois anime, des réunions avec des mecs de chantier qui manipulent des termes qu'elle ne comprend pas. Et souvent, c'est très marrant :


Mme Raoul : - M. Kapovski (chef de chantier lot gros oeuvre = béton), vous évoquez un problème de coffret de relayage, c'est bien cela ? Pouvez-vous nous en dire plus ?

M. Kapovski : - Ben c'est à dire que c'est le lot électricité qui a posé les coffrets qu'il fallait qu'il les mette dans le local mais dehors du parking, et donc quoi je fais maintenant ? c'est n'importe quoi, faut connaître son boulot aussi !!! en fait les réservations y les a pas données et maintenant le bureau de contrôle y dit qu'il faut que je dois le coupe feu, mais je dois pas (note au lecteur : souvent, les responsables des entreprises, bien que venant de notre pays, parlent super mal français, faute à ce qu'ils ont quitté l'école à 14 ans 1/2. Cela a tendance à les énerver tout seuls parce qu'ils n'arrivent pas à exprimer leurs problèmes).

Mme Raoul : - M. Kapovski, je comprends votre désarroi, mais vous allez essayer d'exprimer plus calmement votre difficulté, parce que, non technicienne, je comprends que dalle (astuce : ne jamais mettre en cause la syntaxe, mais toujours l'inaptitude du maître d’ouvrage, qui plus est Femme, à comprendre le sujet technique).

M. Kapovski : - le coffret de relayage, c'est pas dans mon lot, et il est pas au bon endroit. Par contre, on doit le coupe-feu. Et comme ce n'est pas ce qu'était prévu qu'a été fait, ça fait des travaux en plus.

Mme Raoul : - M. Thomas ? (bureau d'étude = spécialiste, mais bac + 5)

M. Thomas : - voici le sujet, il apparaît que les coffrets de relayage ont été posés au mauvais endroit dans le parking, zone 3. Le bureau de contrôle souhaite qu'un encoffrement soit réalisé de manière complémentaire, avec bien entendu au préalable les calfeutrements adéquats autour des pénétrations, ceci afin de rétablir le coupe feu. Kapovski ne veut pas faire les travaux et ça devient urgent.

Mme Raoul : - Merci de cet éclairage M. Thomas. Je déduis de votre explication que l'erreur de positionnement incombe au lot électricité, et que cela est ponctuel. Les travaux seront réalisés par Kapovski, mais à la charge du lot électricité. La difficulté n’est pas à l’échelle du blocage que cela peut engendrer. Je confirme que si le bureau de contrôle (= sa parole, c'est celle de Dieu, on ferme sa gueule, et on fait) a émis un avis, cela est prioritaire. Chacun sait ce qu'il a à faire ? Sujet suivant, les descentes EP/EU zone 22 file 13.


Vu ? Mme Raoul évoque les sujets, ne panne rien, mais essaie que M. Kapovski ait juste compris ce qu'il avait à faire et qu’il soit rassuré sur le fait qu’il va être payé. On applique quelques règles (bureau de contrôle = Dieu, fric = machine à débloquer les situations mais à ne sortir que quand on ne sait plus faire autrement, délai = base, tout ce qui touche à l’électricité / sécurité incendie = caca = on comprend rien).
Bref. Poilant.





Kapovski quand il s'est rendu compte de la connerie sur les coffrets de relayage











C'est là qu'arrive le moment de la FIN DU CHANTIER. La fin du chantier, ça dure longtemps. Et des sujets aussi sympas que ça, il y en a des tas. Le boulot de Mme Raoul devient infernal, car la spécialité du mec de chantier, c’est d’oublier qu’il avait des trucs à faire, pas compliqués, mais hyper importants. La spécialité du maître d’œuvre à ce moment là, c’est de se disperser. La spécialité du bureau de contrôle, c’est de bouder jusqu’au dernier moment en disant que personne ne l’écoute jamais et qu’il ne changera pas d’avis et que si personne ne l’écoute, les pompiers, ils ouvrent pas le bâtiment. Raoul doit s'efforcer de remotiver tout le monde, autour d'un seul projet : finir.


A la fin, arrive un nouvel interlocuteur qui jusqu’à présent ne disait quasi rien parce qu’il ne sait pas lire un plan, c’est l’utilisateur, qui se rend compte que maintenant construit, ça va pas du tout Mme Raoul, mais vous vous rendez compte ? Généralement, il s’est adjoint les services d’un « sachant », un directeur technique, idéalement spécialiste de la maintenance qui arrive après la bataille et trouve que ce bâtiment est conçu en dépit du bon sens que vraiment Mme Raoul, on peut pas imaginer que l’on va laisser les coffrets de relayage à cet endroit là, mais l’architecte ah vraiment quel gros nul, ah, ah, ah, ces artistes, ça pense pas aux gens qui vont vivre dedans, hein Mme Raoul ? Heu...


Mme Raoul fait donc de la thérapie de groupe avec les utilisateurs pour les rassurer, les cajoler, les informer et essaye d’éviter qu’ils s’énervent contre les seules personnes capables de finir les travaux : les entreprises et l’architecte.


Quand on demande à Mme Raoul si c’est pas trop dur de travailler dans le secteur du bâtiment, d’aller sur les chantiers quand on est une femme, etc, Mme Raoul répond que non, que son boulot c’est beaucoup d’écouter, de gronder, de protéger, de comprendre, de reformuler, de se fâcher, et au final, de payer les factures. En gros, le métier de Raoul, c’est Maman...

...avec un mastère 2 de psychologie.







Retrouvez Raoul sur son blog Raoul s'occupe, où elle parle de son travail, de ses mômes, ou de ses créations déjantées avec le même humour corrosif.



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Quand la recruteuse passe de l'autre côté du miroir!

Aujourd'hui nous accueillons de nouveau La recruteuse, dont vous aviez pu lire le premier récit il y a quelques temps.
Voici donc les quelques étapes qui l'ont fait passer de l'autre côté du miroir...






Et oui, le recruteur comme tous les salariés a eu besoin un jour de passer un entretien d'embauche, que ce soit pour un poste de recruteur ou pour un autre poste (le recruteur n'est pas forcément recruteur à vie !).

Dès l'instant où j'ai été recruteuse, mes entretiens n'ont plus jamais été les mêmes et parfois, je me suis même demandée si le responsable du recrutement que j'avais en face de moi avait déjà fait du recrutement !

1ère étape du recruteur ou de l'ex-recruteur qui recherche un poste :


Mettre à jour son CV, simple me direz-vous .... Oui mais quand on passe sa journée à disséquer des CVs, on trouve souvent que son propre CV est nul, archi nul et que l'on pourrait un peu le moderniser ....

Là on ressort en général une tonne cinquante de CV et on prend exemple sur les descriptifs de postes, les mises en page qui nous ont plues ....

Le but du recruteur en recherche d'emploi est d'empêcher les réflexions des autres sur son propre CV :

" Ce CV est digne d'une pochette surprise !"
" Pff je comprends pas pour quel poste il postule"
" Va falloir le format sur Word"
" Bonjour les fautes d'orthographe"

....

2ème étape du recruteur ou de l'ex-recruteur qui recherche un poste

Trouver des offres d'emplois qui sont des offres "réelles" !!!!!

En effet, quand on a l'habitude d'écrire des offres d'emploi et d'en lire des centaines par semaine, on devient vite très exigeant sur l'annonce écrite avant même de postuler !!!

" Cherche personne disponible " Quand tu as lu le reste de l'annonce, tu comprends vite " 70h payées 35h"

" Salaire selon expérience (...) fourchette en 18 000 et 19 000 euros bruts par an" bonjour la négociation !

" Société à fort potentiel" Je croyais qu'ils avaient licencié la moitié des effectifs il y a un an ....

" Recherche Assistant (H/F) " s'en suivent douze lignes de description de poste ..... Oui : un Assistant(H/F) ayant des compétences de Responsable (H/F) sans le salaire.

3ème étape du recruteur ou de l'ex-recruteur qui recherche un poste

Le premier entretien téléphonique.

L'ex-recruteur ou le recruteur en recherche adore les entretiens téléphoniques qui précédent les entretiens physiques.

Avantage : en trois questions, on comprend vite si le poste est fait pour nous ou si on se déplace vraiment pour rien !

Inconvénient : on harcèle rapidement le recruteur qui souhaite nous recruter de questions !

4ème étape du recruteur ou de l'ex-recruteur qui recherche un poste

Si par chance, l'entretien physique a lieu .... C'est là que les choses sérieuses commencent ....

Le chat chasse la souris qui, elle, cherche à chasser le chat .... Bref vous l'aurez compris, c'est un peu le jeu de celui qui décrypte les sous-questions de l'autre ....

En général, dans les 5 premières minutes, on sait si on a une quelconque chance d'avoir le poste ou non ! Et on sait surtout si le recruteur se fiche de nous ou non.

5ème étape du recruteur ou de l'ex-recruteur qui recherche un poste

Et voilà. Une réponse positive est donnée au recruteur en recherche d'emploi .... Les choses ne font alors que commencer car, entre l'entretien et l'attente de la réponse, le recruteur en recherche a eu le temps de débriefer quinze fois l'entretien et il a donc un millier de questions à poser avant de négocier et/ou d'accepter le poste.



Merci à la Recruteuse d'être venue nous raconter ce passage dans l'autre monde! Vous pouvez bien entendu toujours la retrouver par ici : http://futileetutile.blogspot.com

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Entrepreneuse au Foyer

« depuis que tu es à la maison…» ou carrément « comme tu ne travailles pas »…vous l’entendez à quelle fréquence, vous, ce refrain là ? Moi chaque semaine (au moins).
Et pas que de ma mère.

Depuis que j’ai adapté ma vie professionnelle à mon mode de vie (et par conséquent, arrêté de faire l’inverse), et décidé de travailler de chez moi et à mon compte pour lancer mon site internet (NDLR  www.baby2be.com), le raccourci entre « travailler de la maison » et « être à la maison  - slash - être femme au foyer » m’a percuté en plein visage. J’ai beau bondir à chaque fois (« je ne suis pas à la maison, je travaille de la maison »), le boomerang me revient toujours. Mes voisins. Mes anciens collègues. Ma mère bien sur. Et, fréquemment, Mr Compagnon : « sur toute une journée à la maison tu n’as pas eu le temps de passer le balai dans la salle à manger ??? »

Je me tue à dire, rabâcher, répéter, qu’il n’a qu’à imaginer que mon bureau est ailleurs, plus loin dans la rue, et qu’entre 9h et 16h je ne suis pas à la maison – cela ne marche pas. Je reste, pour lui, pour eux, la Maman à la maison.
C’est comme les sempiternelles histoires d’argent. Hier par exemple, c’était le bouquet. La goutte d’eau qui a fait déborder le vase du bouquet :
« comme on vit désormais uniquement sur mon salaire ... » - me lance Mr Compagnon…

Alors papier, stylo, calculatrice (je vis en Belgique, je devrais dire « calculette ») : - effectivement, mon site ne me permet pas encore de vivre et je dois même encore investir quelques deniers dedans - il est exact aussi d’avouer que je contribue moins que lui aux frais du ménage. Concrètement, je verse moins d’argent que lui sur le « compte commun » (celui qui sert à payer les frais du même nom, concernant principalement notre extraordinaire demeure et nos humbles filles, ou plutôt l’inverse notre humble demeure et extras fifilles)

Mais mais mais (et c’est là, précisément à ce moment de l’histoire que sert la calculatrice – même si, en toute honnêteté, je n’en ai pas besoin : je m’appelle Pascaline et comme chacun sait, c’est le nom de la première calculatrice, inventée par Pascal…tout est déjà donc bien clair dans ma tête à ce moment très précis de l’histoire comme je disais donc)

Qui va chercher les filles à l’école à 16h et les garde (ramène-donne le gouter- débarrasse la table – fait faire les devoirs – donne les bains – met en pyjama – prépare à manger devant ‘plus belle la vie’ le tout en regardant ses mails et passant 2-3 coups de fils) jusqu’à l’arrivée à 19h de « je-suis-CRE-vé– Monsieur-Papa » ?
Est-ce Valérie la baby-sitter (7€ de l’heure) ou bien bibi ?
Qui doit jongler entre ses mails et le Perdolan quand Petite Dernière a 39° de fièvre : la garde malade (25€ la journée) ou bibi ?
Qui s’occupe des deux Pépettes à Noël, à Pâques et à la Trinité ? Encore bibi.
Sans compter les mercredis, à partir de 11h40, les jours fériés, les jours de grèves etc…

La calculatrice s’affole : 21€ par jour de baby-sitt économisé pour les lundi, mardi, jeudi et vendredi, 35€ les mercredi cela nous donne 476€ par mois…si l’on ajoute 25€ pour les jours de maladie (environ 10 par an, par enfant) et 85€ la semaine de stage pendant les vacances (10 semaines par an, par enfant), cela fait un sacré paquet.

Évidemment ce ne sont que des chiffres et cela ne prend pas en compte l’immense bonheur de pouvoir être à la sortie des classes car ça, ça ne se chiffre pas. Mais parfois ce genre de mise au point, posée noir sur blanc, (un tableau imprimé en gros et magnété sur le frigo, dans mon cas) fait un bien fou…
Je peux bien prendre le temps de faire ce petit schéma, puisque je suis à la maison


Merci à Pascaline pour son témoignage. Nous lui souhaitons tout plein de courage et de réussite pour la suite !
Notre canapé de working girl (et boy !) reste ouvert tous les mercredis, alors n'hésitez pas à nous envoyer un petit message pour raconter votre boulot presque parfait, à unboulotpresqueparfait@gmail.com

Naomi Campbell dans L'Interview Presque Parfaite de Poutine

La version britannique du magazine GQ a fait appel à un reporter pas comme les autres pour poser des questions au Premier ministre russe : le top model Naomi Campbell. Un grand moment de journalisme.


 
 
Réalisée en novembre 2010 dans le cadre d'un sommet organisé à Saint-Pétersbourg, l'entretien a été publié sur le site de la revue masculine. Et ça démarre fort.
"Vous être plutôt bien physiquement. Comment faites-vous pour garder la forme ?", demande Naomi Campbell.
"Sûrement de la même façon que vous", répond Vladimir Poutine.

Le top model s'extasie ensuite sur le fait que le leader russe nage le papillon, ou pose en photo sur une Harley Davidson dans un festival de bikers, et revient à sa manière sur le calendrier érotique réalisée par des études russes en journalisme pour le 58e anniversaire de Poutine :
"Vous faites clairement une forte impression sur les femmes. Que pensez-vous des étudiantes qui ont posé pour vous dans un calendrier ?" (une note de la rédaction de GQ précise qu'un autre groupe d'étudiants a réalisé un calendrier plus contestataire avec un bandeau sur la bouche)
Vlad n'en demandait pas tant : "J'aime beaucoup ces filles, elles sont magnifiques (...) Concernant l'autre calendrier, dans tous les pays, et en Russie plus particulièrement, critiquer les dirigeants est à la mode. Si vous soutenez quelqu'un comme moi, on va vous accusez d'essayer de vous attirer les bonnes grâces du pouvoir. Les filles du calendrier érotique étaient courageuses et n'avaient pas peur de ce qu'on allait dire sur elles".

Cette interview pour le moins condescendante a été froidement accueillie par les médias anglosaxons. Notamment le Guardian qui rappelle que Naomi Campbell est depuis deux ans la compagne de Vladislav Doronin, un milliardaire russe, et cite les sujets épineux qu'elle n'a évidemment pas évoqué avec Poutine. Comme le procès controversé du magnat du pétrole Mikhail Kodorkovsky, qui soutient l'opposition, ou le meurtre de l'activiste Natalia Estemirova.

Naomi Campbell, au cœur d'une polémique l'an passé dans le cadre du procès Charles Taylor (elle a reçu des diamants de l'ex-président libérien), n'en est pas à son galop d'essai comme reportrice de charme pour GQ.

L'an passé, elle avait déjà rencontré le président vénézuélien Hugo Chavez, à qui elle avait demandé : "Connaissez-vous les Spice Girls ?"


Win = 0/5
Glamour = 5/5


à retrouver sur http://fr.news.yahoo.com

Le vendeur amateur a testé pour vous.... les annonces du Bon Coin!

Juste parce que je viens de me faire gauler à me bidonner devant mon écran...

Coffre (de toi ?)


87 €
74000 Annecy

Ceci est le coffre de moi, mais il peut devenir le coffre de toi si tu me verses 87 €, ô toi client(e) avisé(e).
Assez ri, passons à la description de cette véritable invitation au voyage.
Ce coffre au trésor vous offre une infinité de possibilités :
- il ne quittera plus la fiat 500 du mafioso sicilien, qui pourra y ranger les victimes de ses contrats de la semaine, sans salir ses sièges
- le propriétaire d’une papamobile y logera ses chasubles, mitres et même (depuis peu) ses boîtes de préservatifs
- les parents épris de calme y feront voyager leurs turbulents bambins (penser à entrouvrir le coffre et à leur fournir une lampe de poche)
- si vous avez de très grandes mains, vous pouvez l’utiliser comme boîte à gants extérieure.

Fiche technique :
construction en polypropylène bio moulé à la louche, ouverture arrière. J’ai oublié de le mesurer précisément, mais j’ai astucieusement disposé à ses côtés, sur la photo 2, une paire de bottes couleur kaki. Sachant que la pointure de celles-ci est 42, vous avez une idée de la contenance du coffre, presque infinie.
Il est doté de quelques rayures sur le dessus, heureusement bénignes, et sur la face avant, que je n’ai pas encore nettoyée, d’une collection intéressante de moustiques écrasés, qui à elle seule peut susciter l’intérêt d’un entomologiste.

Je le fournis avec deux clés : celle que vos enfants perdront dans le sable le premier jour des vacances. Et la seconde que vous aurez malheureusement rangée à l’intérieur du coffre.

C'est un produit original. ( a retrouver ici)



ou encore

Cartable sans équivalent

29 €
74000 Annecy

Vous alliez vous ruiner en achetant un cartable Louis V.... neuf ? Vous venez d’économiser 2500 € ! (rassurez-vous : vous pourrez les dépenser en achetant mes autres objets).

Ce cartable est particulièrement bien conçu : d’abord, il est creux à l’intérieur, ce qui permet d’y loger une foule d’objets plats : carte de la Belgique, factures, livre, jambon de Parme, Ipad, râpe à fromage, bouillotte préalablement vidée, palmes de petite taille, raquettes de ping-pong,.. Il est astucieusement doté d’une poignée quasi-antidérapante (si vous n’avez pas les mains moites).

Cet objet de convoitise est en cuir de veau charolais élevé sous la mer, ce qui le rend presque étanche.
Sinon, c’est un cartable, quoi.
Il est noir. C'est un objet original.

Le prix, 29 €, est justifié, car je dois cette somme à un ami (a retrouver ici).



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Alors, toi aussi, tu t'es fait prendre par ton collègue d'à cote?
Merci au vendeur amateur pour cette magnifique annonce - nous vous en gardons pour une prochaine fois!


En attendant, n'hésite pas a nous envoyer quelques unes de tes expériences sur unboulotpresqueparfait@gmail.com !!

L'intérimaire a testé pour vous... un rendez-vous au Pôle Emploi

 Extrait d'un dialogue entre Mme la Conseillère de Pôle Emploi et notre Intérimaire...


- Ah, je vois que vous acceptez aussi bien un temps plein qu'un temps partiel, en CDD ou CDI ?
- oui
- mais faut faire un choix, hein.
- ben, pourquoi ?
- vous ne pouvez pas prendre les deux !
- ... ! Bien sûr que si, rien ne m'empêche de postuler au deux, c'est pas à moi de choisir mais au recruteur...
- Ah mais non, c'est pas comme ça que ça marche ! Admettons qu'on vous propose 2 postes en CDI, un à temps plein et l'autre à temps partiel, vous allez prendre le temps plein en CDI, non ? Et si on vous propose un temps plein en CDI et un temps partiel en CDD, vous prendrez le CDI je suis sûre ?
- Dans ce cas, non, pas forcément.
- bon alors la même chose mais à salaire égal ?
- ben pareil, je postule au deux.
- non, faut choisir !
- Mais je ne prendrais pas forcément le temps plein, ça dépend du poste aussi. Je vais pas prendre un temps plein même en CDI si le poste ne me convient pas, excusez-moi !
- bon mais faut faire un choix hein. Mon système ne prend qu'une case à cocher.
- Ah, mais si c'est ça, alors mettez temps plein en CDI et tant pis ! (on va pas y passer la journée...)

C'est comme ça qu'au Pôle Emploi ils vous cherchent du travail : en ne prenant en compte qu'une partie de vos choix...


Merci à l'Intérimaire d'être notre cobaye-malgré-elle ! Et surtout, nous lui souhaitons bon courage (et nous lui souhaitons surtout de ne pas avoir à y retourner trop souvent !!).

Si vous aussi, vous avez une anecdote à raconter sur votre boulot, ou si vous voulez nous faire partager votre boulot presque parfait, notre canapé est dispo tous les mercredis. N'hésitez pas à nous envoyer votre prose à unboulotpresqueparfait@gmail.com

Le boulot presque parfait de la standardiste

- Société-Alpha-a-votre-service Bonjour
- Bonjour madame, je voudrais louer une voiture sans chauffeur
- Nous ne faisons pas de location de voiture, avec ou sans chauffeur, nous faisons de la micro électronique de pointe, vous n'êtes pas au bon n°
- Ca veut dire quoi ?
- Ca veut dire que vous n'êtes pas au bon n° de téléphone, nous ne faisons pas de location de véhicule
- Vous êtes sûrs ? Nan parce que j'ai appelé la semaine dernière et vous m'avez envoyé une voiture avec chauffeur
- Je vous assure que là, en l'instant, je ne peux pas vous envoyer de voiture avec ou sans chauffeur, vous n'êtes pas au bon n°
- et vous pouviez pas me le dire avant ?! Cling, raccroché... 


- Societe-Alpha-a-votre-service Bonjour
- Ah que c'est agréable comme accueil, dit l'homme avec un sourire pervers (on entend bien le sourire pervers au téléphone)
- Que puis-je pour vous ?
- J'ai rendez-vous avec M. Bidule, demain soir vers 17 h, on peut peut-être aller prendre un verre tous les deux après ?
- Ok, pas de problème, je préviens M. Bidule que vous lui proposez de prolonger le rendez-vous par un verre à partir de 18 h ou 18 H 30 ?
- ....



Un grand merci a La Punaise so sexy et que vous retrouvez ici !! 

Si toi aussi tu as un boulot presque parfait que tu voudrais nous faire partager, n'hésite pas à nous envoyer ton texte à unboulotpresqueparfait@gmail.com

Le boulot presque parfait d'une recruteuse!

Etre recruteur c’est un métier enrichissant (on rencontre des gens différents tous les jours), passionnant, stressant (surtout si tu recrutes en masse…)...

Au départ on se dit que recruter c'est fastoche mais en fait cela nécessite de nombreuses connaissances sur le poste à pourvoir, l'entreprise, les équipes en place....

Le plus difficile est de ne pas pouvoir choisir tous les candidats qui sont parfaits pour le poste mais de devoir faire un choix et de laisser quelqu’un sans travail. Le plus dur est toujours de téléphoner aux candidats pour leur dire non.

Désormais je n’exerce plus ce métier, mais je sais que les années passées à recruter me servent tous les jours au quotidien pour gérer de nombreuses situations.

Je vous propose aujourd’hui de découvrir des morceaux choisis qui ont marqué mes nombreux entretiens de recrutement :
  • "C'est tout moi qui gère le téléphone à la maison, donc je devrais savoir faire et ça va l'faire!"

  • "J'ai besoin d'un taf, pour gagner de la thune"

  •  "Je viens juste pour me renouveler mes droits"

  • "J'ai été caissière deux jours mais c'est trop pourri comme boulot, j'préfère un poste sans le contact avec les clients, en plus dès fois il pue"

  • "J'ai des connaissances en électricité, enfin je sais rebrancher un disjoncteur"

  • "Ripeur j'ai toujours voulu faire ce métier (faut pas éxagérer non plus), j'adore la chanson (Ah rapeur ? non on recrute pas actuellement dans ce domaine)"

  • "J'veux un taf pas prise de tête"

  • "On m'a dit que c'était un métier facile, et j'aime pas me prendre la tête"

  • "Ma plus grande qualité (mode humilité on) c'est bien entendu mon intelligence"

  • "Moi en dessous de 12 euros de l’heure je ne travaille, vous comprenez j’ai un BEP secrétariat quand même" Dire qu’avec un bac+5 certains sont au SMIC. "

  • "Je cherche un poste à temps plein mais je suis indisponible le mercredi, le week end et le lundi matin."

  • "Pourquoi je change de travail ? mon boss est trop moche, je ne peux plus le voir "

  • "J’ai trop envie de ce job, mais c’est pour faire quoi ? "

Vous voyez on ne s’ennuie pas en entretien de recrutement, mais en effet il y a des phrases qu’il vaut mieux éviter … Sous peine de ne pas paraître sérieux face au recruteur.

Merci beaucoup a Melle pour ces anecdotes! Vous pouvez la retrouver ici:  Futile et Utile !!




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Le boulot presque parfait .... de prof de français

Choisir son boulot c'est un peu comme choisir de faire sa vie avec un homme. Pourquoi lui et pas un autre alors, qu'il semble être allergique à la vaisselle et que parfois tu as envie de lui envoyer certains objet au visage? Ben parce que c'est lui que tu aimes, ça s'explique pas ou si peu.

Et c'est comme ça qu'à 18 ans et mon bac Scientifique en poche, j'ai décidé de devenir prof de français juste parce que c'était comme ça et pas autrement. Ceci dit, je voyais les avantages que je pourrais en tirer comme toutes les qualités que possède celui qui dormira à mes côtés. Déjà, 4 mois de vacances dans l'année et 18h de cours par semaines, c'est le jackpot pour quelqu'un comme moi.J'ai toujours voulu avoir plein d'enfants et donc du temps pour m'en occuper ( et les déposer chez leur mamie pendant que j'irais me faire les ongles). Et puis, n'étant pas très courageuse, l'idée de la sécurité de l'emploi a du bon. Donc voilà c'était mon choix et j'étais contente de moi.

Aujourd'hui j'ai 27 ans, je suis prof au lycée et j'ai découvert les inconvénients de mon boulot. Ben oui, fallait que ça arrive : la lune de miel, ça dure pas toute la vie. Ils sont petits mais sournois : bac +6 pour un salaire de misère, le fait de devoir corriger une centaines de copies , de préparer des cours, de tenir une classe d'ados surexcités, de supporter leurs parents parfois (souvent) un peu (beaucoup) tarés ; en vacances, tu as tes gosses 24h/24 alors qu'au boulot tu dois gérer ceux des autres ; et tes collègues sont souvent aigris et du coup stupides.

Mais bon, malgré ces quelques soucis, dans l'ensemble, je n'ai pas à me plaindre de mon choix et puis parfois, il t'arrive des petites histoires que tu racontes à ton homme qui, lui, s'ennuie au bureau.

C'est pas parce que je suis prof, qu'il faut que je m'habille comme une nonne. Du coup je me pointe avec mes talons de 10 cm et une tenue sobre mais jolie quand même. Les ados femelles biatchent dur en me voyant en début d'année et les ados mâles tentent de jouer aux intellos pensant me séduire (c'est pas très intelligent un ado mâle). Généralement, un mois après la rentrée, ça leur passe.


Il y a quelques semaines, un de mes amis collègues vient me dire que dans les toilettes des garçons il y a un mot pour moi. Curieuse, je m'y rend avec lui et là entre "Fanie s....." et " Sophie s...... de b..." je vois en grand " Mademoiselle D. est trop bonne, je la kiffe à mort". Oui, mon lycée regorge de poètes en devenir, emplis de finesse et galanterie. Sur le coup, je trouve que je m'en sors pas trop mal et décide de pas y prêter plus d'attention.

Mais c'est de là qu'est venu une révélation. Oui, toi qui t'es toujours demandé à quoi servait un proviseur adjoint, toi qui à l'école le voyait juste en début d'année pour le voir disparaître de la circulation, toi, parent qui découvre que c'est vraiment un métier, j'ai ta réponse.

Parce que mon proviseur adjoint a pu dégager 14 suspects possible à cette inscription.Sachant qu'il y a 2500 élèves dans ce lycée je me demande encore comment il a fait ( empreintes, adn, reconstitution,images satellite ???). Il convoque donc les 14 gamins et somme le coupable de se dénoncer. Évidemment, personne ne parle, pas cons les gosses : ils ont encore 3 ans à tirer dans l'établissement, faut se faire petit. Moi, je suis un peu dépassée en fait, ok c'est nul que l'un d'eux ait marqué ça, mais bon ils ont 15 ans et aucun d'eux ne m'a jamais manqué de respect en face.

(crédit dessin : proctor)



Face à leur silence, le proviseur adjoint décide de tous les renvoyer. Là, je mets mon veto, faut pas pousser non plus. Moi aussi, je fantasmais sur mon prof d'anglais en seconde et personne ne m'a renvoyée. D'un côté, je veux pas qu'on pense que je les encourage mais de l'autre, tout ça me semble prendre des proportions trop graves.

Je dis donc que je veux juste des excuses et qu'ils viennent un mercredi après midi pour effacer tout ce qu'il y a d'écrit dans les toilettes, surtout les inscriptions sur les femmes. Tout le monde est ok et mon honneur est sauf.


Mon proviseur adjoint est reparti se planquer dans son bureau.Quand je pense que j'ai un collègue qui s'est fracturé la jambe et qui a réclamé des salles de cours au rez de chaussé pendant plus d'une semaine, ça me laisse perplexe.







Merci à Ness pour sa contribution !!




Si toi aussi tu as un boulot presque parfait que tu voudrais nous faire partager, n'hésite pas à nous envoyer ton texte à unboulotpresqueparfait@gmail.com

Le boulot presque parfait de... stagiaire !

Sifflote pour avoir l’air à l’aise

Regarde à gauche, regarde à droite

Relève la tête pour faire croire que tout va bien et qu’elle maitrise parfaitement la situation

Court s’assoir dans le fauteuil des invités d’un boulot presque parfait !


Bon, je dois bien avouer que je me sens un peu passager clandestin sur ce blog… Moi je n’ai pas un boulot presque parfait, j’en rêve la nuit c’est tout, j’ai un stage à l’étranger ! Au pire comme excuse pour vous avoir dérangé je dirai que je suis un peu dyslexique et que j’avais pas tout compris. En plus l’épicière a écrit la semaine dernière un post sur les stagiaires, donc j’ai la pression comme on dit !

Le plus marrant dans mon stage c’est que je suis à l’étranger, bon en Espagne donc pas très loin, et pourtant les choses sont différentes, d’abord ils ont moins d’a priori sur les stagiaires, ensuite il faut s’adapter aux coutumes locales… Parce-que le stage, c’est le premier gros orteil dans le milieu du travail pour ceux qui n’ont jamais travaillé avant (oui y’a des gens qui à plus de 20 ans n’ont jamais fait un job d’été, moi aussi ça m’a surpris au début), et aussi le petit orteil dans la sociologie d’entreprise. Parce-que quand vous êtes là pour 6 mois il faut vous adapter vite, et pas faire de boulettes.

Du coup dans mon stage en Espagne j’ai d’abord découvert des trucs bizarres… On tutoie tout le monde, mais vraiment tout le monde, même le grand chef, votre N+12 aussi sinon c’est mal vu, et c’est pas évident ! Quand on sort de l’ascenseur on dit « à la prochaine », donc vous imaginez sur une tour de 40 étages, des mecs en costard, des filles en tailleur, et tout le monde se dit « salut à la prochaine » en sortant de l’ascenseur. La pause midi est à 14H… et le vendredi c’est 8H – 15H non stop, donc à 10H30 on descend manger une omelette locale, je sais pas vous mais moi la première fois mon estomac a pas vraiment compris !


Ensuite le maitre mot de la bonne stagiaire c’est DISPONIBILITE, ton chef veut que tu fasses un truc chiant (et oui tu voudrais participer aux dossiers stratégiques, parce-que oui tu es une grande fille et te coltiner la paperasse, les archives tout ça, c’est pas cool), tu fais un truc chiant. D’ailleurs on commence tous comme ça. En même temps j’imagine un responsable de département me voyant arrivé « Bonjour je suis azerty, je suis blonde, je porte des talons de 10 cm et j’ai une voix de poissonnière, vous voulez bien me donnez un dossier super important à faire ? » je comprends qu’il ait moyen confiance.

Donc le principe du stage c’est qu’au début tu fais les trucs pénibles, et tu les fais bien, tu te donnes à fond pour que tes tableurs EXCEL soient nickel, et que tout ce que tu as archivé soit bien au bon endroit. Et puis un jour tes collègues se rendent compte que tu n’es pas incompétente, donc il te demande de participer aux gros dossiers, à ta mesure, mais tu commences, tu fais des choses (ouais et t’es fière aussi parce-que bon tu es payée, tu travailles, tu as un peu l’impression d’être une working woman accomplie qui va boire un mojito avec ses amis le vendredi soir) et petit à petit tu t’impliques.

Alors y’a aussi des fois où tu rentres le soir et tu râles parce-que ton chef avait pas le temps aujourd’hui, il s’est pas occupé de toi alors que tu avais fini donc tu as passé la journée sur Hellocoton (avec bénédiction de ton chef qui t’a dit j’ai pas le temps va sur Facebook, mais l’interface bleue de Facebook au milieu de l’open space t’as pas osé) à te dire que tu pourrais le faire depuis chez toi et dormir jusqu’à 11H le matin pour ça. Ou alors les jours où tu restes le soir, t’as déjà pas pris de pauses à midi, t’as mangé devant l’ordinateur pour le gros dossier hyper urgent, et tu trouves que quand même pour le prix qu’on te paie c’est limite.

Mais au final, le stage c’est sympa… on apprend des vrais trucs, on rencontre des gens, à l’étranger en plus on amplifie son quota de jurons. Et au pire, on peut toujours se dire que dans 6 mois c’est fini !


Merci Azerty pour ta contribution... il te reste encore combien de temps en Espagne ??? Allez courage, dis toi qu'il y en a qui ont le même genre de chose à raconter, mais qui ne sont même plus en stage !!!

Un clic par ici et vous pouvez retrouver Azerty avec toutes ses copines de "La vie est un long fleuve tranquille".

Si toi aussi tu as un boulot, un stage, un job d'été presque parfait, viens t'allonger sur notre canapé, c'est open bar tous les mercredis ! On t'attend sur unboulotpresqueparfait@gmail.com


Un boulot presque parfait décrypté par Tata Paulette

Une entreprise dans laquelle il n'y a pas d'ordre est incapable de survivre ; mais une entreprise sans désordre est incapable d'évoluer".

« Vous avez l’air bien soucieux aujourd’hui Paulette.

- Songeuse plutôt. En regardant l’émission Koh-Lanta, je me suis souvenue de mon bref passage en entreprise. Finalement, même si les conditions y sont plus confortables que sur une île perdue au milieu de l’océan, les deux univers sont assez proches.

- J’ai du mal à faire le lien entre la vie en entreprise et cette émission…

- Les salariés sont des aventuriers qui s’ignorent, livrés à eux-mêmes dans le territoire parfois hostile qu’est l’entreprise. Avec de l’eau et de l’électricité en plus !

Démonstration, épreuve par épreuve.

Dessin de Echevin



Epreuve 1. Le recrutement.

Remporter le casting pour débuter l’aventure

Vous devez être le meilleur pour passer le recrutement avec succès. Parmi les nombreux candidats, peu auront la chance d’être sélectionnés pour vivre la grande aventure salariale. Si votre CV parvient à se démarquer des autres, vous avez vos chances de participer aux autres épreuves de sélections. Pas de test physique ni de santé, bien que votre première visite médicale pourrait faire la différence. Parfois, vous aurez droit aux tests psychologiques. Ce, pour s’assurer que vous êtes capable de survivre en tribu et apte moralement à affronter les épreuves imposées par votre job.

Une fois votre contrat à durée d’immunité décroché, vous pouvez intégrer l’entreprise paradisiaque et affronter les challenges.


Epreuve 2. La survie au quotidien.

Apprendre (et accepter) la vie en communauté

Depuis votre arrivée en terre sauvage inconnue, les équipes se sont formées, par affinités, par choix, parfois par dépit puisque on ne choisit pas toujours ses coéquipiers. On vous l’impose, vous en disposez comme vous pouvez.

Vous partagez votre camp 8 heures par jour minimum avec un ou plusieurs membres de la tribu. Chacun se découvre, se scrute, s’allie ou se délie.

Certains conservent l’esprit d’équipe coûte que coûte, après tout, vous êtes dans la même galère embarcation (et vous ramez !). D’autres mettent en place des plans diaboliques pour être LE gagnant de l'aventure jobesque et remporter le totem : l’augmentation.

Très vite, les tensions peuvent monter et les alliances se développer au sein même des équipes.

Le candidat de Koh-lanta est capable de passer des heures suspendu à un poteau. En entreprise, ce n’est pas ce qu’on vous demande. Vous, vous devez rester des heures assis sur une chaise durant les réunions. A se demander ce qui est le plus pénible des deux.

De même, au bureau, nul besoin de devoir porter une pierre le plus loin possible dans l’eau, en apnée pour remporter l’épreuve de confort. Pourtant, vous coulez parfois sous trop de boulot et êtes dans l’impossibilité de remonter à la surface.

Ils savent tenir le plus longtemps possible avec un gros bambou sur la tête ? Vous aussi ! Au quotidien vous avez constamment une épée de Damoclès au dessus de votre tête si avez de gros objectifs à réaliser.


Epreuve 3. La maladie

Faire face aux épidémies locales

Une migraine ophtalmique due au travail sur écran ? Une indigestion provoquée par la nourriture de la cantine ? Une visite chez le médecin (du travail), et c'est reparti pour l'aventure. Une fois soigné(e), vous reprenez de plus belle votre parcours. Dans le cas contraire, vous regagnez votre maison pour une durée non déterminée. L’aventure doit s’arrêter pour vous quelques jours.

Dans le cas d’une piqûre de mouche tsé-tsé, vous avez le droit de vous reposer, grâce à un joker spécial : votre meilleur ami Vendredi RTT.

En revanche, vous avez beau avoir pris toutes les précautions d’usage, il y a peu de chance que vous échappiez au virus local : la réunionnite aiguë. Qui, apparemment, est très contagieuse.


Epreuve 3. Les pauses des Kho-llaborateurs

Entretenir l'esprit d'équipe et son esprit sportif

La pause stratégique : la machine à café. Lieu de détente se transformant à l’occasion en maternité des complots, perfidies et autres stratégies contres les équipes adverses. Là où les rumeurs circulent, s’échangent, se répètent et s’amplifient. Là où se jouent les duels entre buveurs de thé et de café.

L’attribution des missions est complexe et provoque des querelles inter-tribu. Qui nettoiera les tâches ? Qui ira remplir d’eau la cafetière ? Qui a fait ce café dégoûtant au goût de flotte ? Qui a oublié de remettre du papier dans l’imprimante ? …

A ce moment de la journée, vous ne savez plus trop si vous êtes dans Koh-Lanta ou Secret Story.

La pause sportive : la pause clope. Depuis que les lieux publics sont devenus anti non-fumeurs, vous devez redoubler d’énergie pour assouvir votre addiction. Il vous faut vaincre les obstacles (à savoir tous les gens que vous allez croiser et qui ont forcément quelque chose à vous demander), braver les intempéries. Qu’il vente, qu’il pleuve ou qu’il neige, peu importe, vous êtes un accro combattant, assez fou motivé pour aller fumer, quoi qu’il arrive.


Epreuve 4. Se nourrir, une faim en soi

Trouver la nourriture vite, se remplir l’estomac bien

Un peu avant midi, les cris intempestifs des estomacs commencent à se faire entendre à chaque coin des bureaux. En milieu de matinée, la tête est déjà pleine et le ventre trop vide.

Après concertation, les Kho-llaborateurs se ruent vers les endroits où ils pourront trouver assez de nourriture pour tenir jusqu’au soir.

Une première équipe prend l’option sécurité. Le restaurant d’entreprise est à proximité, ce qui permet de gagner du temps pour pouvoir reprendre les épreuves plus vite. Ou partir plus tôt le soir pour rentrer au bivouac.

La seconde équipe, plus audacieuse, décide d’aller fouiner plus loin, dans les contrées voisines, pour dégoter et goûter les éventuelles richesses du terroir territoire.

Tous, autour d’un objectif commun : se nourrir.


Epreuve 5. La finale de fin d’année

Convaincre que vous êtes le meilleur

Vous vous exprimez devant le jury composé essentiellement du chef de la tribu. A lui de voter pour vous et de décider que cette année, vous serez le gagnant de la saison et remporterez l'augmentation. Pas de contrôle d’huissier, à la limite le contrôle de gestion, ou des ressources humaines, qui valideront ou non le vote. Une fois la décision prise, la « sentence est irrévocable » !

« Effectivement Paulette, je n’avais pas vu ça sous cet angle. Je vais penser sérieusement à mon statut de free-lance car je ne suis pas sûre d’avoir l’esprit assez sportif pour survivre longtemps en entreprise ! »

* B. Nadoulek

Dédicace spéciale à mes chers KOH-llègues, dont l'épreuve la plus difficile est de me supporter au quotidien ;)


Tous Un grand merci à Tata Paulette pour sa superbe analyse de l'univers impitoyable qui fait notre KOH-tidien !
Vous pouvez retrouver ses chroniques, et plus encore, sur www.tata-paulette.com



Si toi aussi tu as un boulot presque parfait, et que tu veux venir nous en parler, notre canapé est ouvert tous les mercredis à unboulotpresqueparfait@gmail.com




Le boulot presque parfait de... Chercheur

Première réaction de tous les gens, qui ne savent pas ce que c’est « tu cherches quoi ? Tu trouves au moins des fois ? ». Ah haha, 1912ème rire forcé…. Je me tors de rire a chaque fois... Alors je vais vous expliquer ce que c’est d’être chercheur peut-être que je me sentirais moins un allien après!

Donc voila je suis chercheur, je me balade en blouse blanche, avec des gants vert ou bleu dans mes poches, je ne soigne pas directement les gens, mais j’y contribue un peu.

Il y a plein de types de chercheur en réalité : Math, physique, philosophie, art, social, histoire… Moi je suis chercheur (je n’aime pas le mot chercheuse) en biologie. Pour expliquer comment on y arrive, c’est simple : j’ai fait 3ans de licence de biologie à la FAC, puis 2ans de master en physiopathologie et traitements associes (c’est glamour non ???), puis une thèse pendant 3ans pour enfin devenir Docteur. Docteur c’est le titre, hein! Ca veut juste dire que j’ai un doctorat en Biologie-Santé avec une spécialité pathologie cardio-vasculaire (ça si ce n’est pas girly a mort je ne vois pas!). Et après ca (donc en ce moment), je suis partie vivre aux USA, pour 2ans je pense, pour améliorer encore mes connaissances et mon CV.

Quoi ca fait pas rêver? Mais si quand même…! En fait mon boulot, c’est de comprendre comment fonctionnent les maladies. Essayer de définir comment chaque engrenage s’emboite à l’autre pour finir par foutre le bordel dans nos corps. Et ce n’est pas rien, c’est long, très long et ça demande de la patience et du courage. Mais quand on commence à comprendre, on peut développer des nouveaux traitements pour traiter ces maladies et aider des gens. Après si l’on voit que c’est efficace, ces nouvelles thérapies seront transmises aux médecins et/ou industriels pharmaceutiques.

J’aurais du mal à vous décrire une journée type de chercheur, car elles sont toutes différentes et dépendent du sujet que l’on traite. On n’a pas d’horaire fixe, on a depuis longtemps oublie les 35h, on ne bosse pas pour les sous ça c’est sur ! Nous gérons seul ou presque nos projets, mais en parallèle, nous avons besoin de réfléchir et travailler en équipe. Quand on fait ce métier c’est parce que l’on aime la recherche. En France, malheureusement on est débordé par la paperasse et on a très peu de moyen. On doit se battre pour avoir des financements, c’est très lourd. Aux USA, j’ai plus de moyen mais j’ai aussi plus de pression, c’est une façon de travailler différente.

Mais j’aime ce que je fais, je suis heureuse de me lever pour aller bosser. Je pense foncièrement que j’ai de la chance de faire un métier que j’aime. Cà demande beaucoup de sacrifices : des fois faut oublier les week-ends, bosser pendant les vacances, travailler 17h/j s’il le faut, vivre dans un milieu un peu macho, se faire regarder comme une bête curieuse quand j’explique mon métier a l’extérieur (aux gens normaux comme je dis), je fais des blagues nulles que seuls les scientifiques peuvent comprendre, j’oublie le coté femme-glam-sexy au travail (quoique le fantasme de la blouse blanche ça marche des fois aussi !!!). Mais j’ai des avantages : je travaille avec des gens du monde entier; je pars en congrès exposer mon travail dans des villes comme Boston, Vienne ou Nice ; je travaille avec des gens très différents qui ont pleins de spécialités diverses et variées (médecins, infirmières, chirurgiens, techniciens, étudiants).

Alors quelqu’un est tenté….



Merci à Mademoiselle A., que vous pouvez retrouver sur son blog : http://mademoiselleaimebien.blogspot.com/


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Le boulot presque parfait de dircom dans une mairie (2° partie)

(le début du récit ici)


13h30. Une conférence de presse va débuter dans quelques minutes. Les chaises sont bien alignées, le vidéo projecteur fonctionne ce qui est normal puisque j’ai zappé ma pause-déjeuner pour avoir le temps le mettre en marche et de tout vérifier, les photocopies du dossier de presse sont faites : tout est donc paré... jusqu'à l'appel de l’assistante du directeur de cabinet (tiens, voudrait-elle me transmettre l’édito que son chef aurait par miracle pris le temps de rédiger au lieu d’aller déjeuner au resto avec l’une de ses jeunes et jolies collaboratrices ?). Non, en fait, elle vient juste me signaler un petit rien, une pétouille, quelques mots à changer dans le texte destiné à la presse. Le maire - ainsi que les 12 chargés de missions qui oeuvrent (?) au sein de son cabinet - avait validé ce texte il y a 2 jours, mais il a dû avoir une révélation la nuit dernière car il lui semble désormais absolument nécessaire de remplacer la phrase « La Ville de Grofouilly-les-Chataignes choisit de s’engager dans cette démarche… » par « La Ville de Grofouilly-les-Chataignes souhaite enclencher ce processus… » Waouh, voilà une précision essentielle, fondamentale, c’est vrai hein, pfiou, ça change tout, heureusement que nos dirigeants politiques sont là pour réfléchir au fondement des choses et nous faire profiter pleinement de leur génie visionnaire

Bon, bref, après tout, il ne s'agit que de quelques photocopies à refaire (et ça tombe bien, j’adore ça, moi, faire des photocopies.)

18h30. Je m’apprête à donner – enfin – le bon-à-tirer à l’imprimeur du magazine municipal, quand le directeur de cabinet fait irruption dans mon bureau. Imper et écharpe sur les épaules : j’en déduis qu’il est sur le point de partir. Je m’attends à un « Salut, bonne soirée, il faudra que je te parle d’une idée que j’ai eue mais bon, pas maintenant, là je file, on se voit demain, OK, bye » (après quoi j’aurais passé une bonne partie de la soirée à me demander quelle idée à la con avait bien pu germer dans son esprit tordu pour me compliquer davantage la tâche) mais non, pas ce soir.

Ce soir, il prend place sur une chaise en face de moi : « Tu sais, j’ai jeté un œil à la maquette du magazine (waouh, sans blague, c’est trop d’honneur, je lui ai transmise il y a une semaine en lui demandant un retour de corrections sous 48 h ; à 3 jours près il est dans les délais) et je trouve que, globalement, on ne voit pas assez le maire. Tu comprends, il est important que notre publication conserve une vraie dimension politique. Donc, je pense qu’il faudrait au moins 5 photos du maire par numéro, or là il n’y en a que 3. »


Je manque de tomber de ma chaise. Des années que, mois après mois, numéro après numéro, je recherche le sujet porteur, valorisant pour l’action et les projets de la commune, le mot juste, le ton percutant, le titre à-propos, la citation qui fait mouche, la photo qui accroche l’œil ; je traque la coquille, la faute, l’imprécision, le contresens… dans le but que, justement, la « dimension politique » de notre canard se trouve portée, voire sublimée, par un fond et une forme attractifs.

Mais là, j’avoue, damned, je n’avais pas pensé à TENIR UNE COMPTABILITE du nombre de fois où on voit la TRONCHE DU MAIRE dans les pages du canard. U got me, baby !

Le lendemain, les événements de la veille me poussent à solliciter une rencontre avec le directeur de cabinet pour étudier avec lui les possibilités d’optimiser et de rationaliser nos procédures de validation.

Car oui, en tant que cadre dynamique, force de proposition, toujours en quête d’optimisation et de rationalisation, je peux apprendre de mes expériences et il se trouve aussi que mon œsophage réclame des taux de sucs gastriques légèrement inférieurs, sinon d'ici peu ma salive aura des propriétés proches de celles de l'acide chlorhydrique.

Le jour et l’heure de l'entretien arrivent ; mon interlocuteur m’écoute attentivement enfin autant que cela lui est possible entre 6 appels téléphoniques et 15 consultations fébriles de son Blackberry.

Il me propose alors une solution ingénieuse (mais bon sang, comment diable n’y ai-je pas pensé plus tôt ?) : il faut AN-TI-CI-PER !


Je lui rappelle, sans me départir de mon calme de bonze tibétain, que peu importe le délai laissé pour la validation, quelques heures ou plusieurs semaines, le retour se fait toujours dans l'extrême urgence, et que, certes, je connais la charge de son agenda (le pauvre, il est ultra-charrette) et je sais bien que dans la vie, halala, on ne fait pas toujours ce qu'on veut ...

A ce moment-là, il incline légèrement la tête sur le côté et m’expose sur un ton qu’on pourrait penser amical : « Tu sais, moi je crois que tu gagnerais à te détendre un peu, tu prends les choses trop à cœur. Tiens, tu connais les châteaux de la Loire ? J’y suis allé avec ma femme le week-end dernier, c’est super beau, et puis ça te ferait du bien de changer d’air. »


Alors là, ma blonditude est à son apogée car, pour être honnête, je ne suis pas sûre d’avoir compris le message. Le gars serait-il en train de me dire métaphoriquement que je ferais mieux de chercher un boulot ailleurs ? Ce qui ne me surprendrait pas totalement ; en effet, je ne suis pas sans savoir que l’inexistence de liens familiaux ou amicaux ou sexuels entre moi et le maire (ou l’un de ses adjoints) est un sérieux frein à mon évolution professionnelle. D’autant qu’il y a toujours quelques personnes situées en position non éligible sur la liste victorieuse aux dernières municipales, qui lorgnent sur mon poste, voire auxquelles l’emploi fut carrément promis avant les élections sauf que voilà, moi faut bien que je paie les traites de ma maison alors pour le moment j’y suis, j’y reste.


Ou bien, et c’est tout aussi plausible, le type est premier degré et il me raconte sans arrière-pensée, juste parce que ça lui traverse l’esprit là, maintenant, qu’il vient de passer 2 jours à se la couler douce sous les ors de Chenonceau avec sa pouf… pendant que j’étais chez moi en train d’écrire/relire/corriger/m’arracher les cheveux sur les articles du prochain magazine.

Troisième et dernière hypothèse : il tente une approche plus personnelle et affective, il me drague. No way.


Je tente de masquer ma confusion, quand son regard d’homme puissant et blasé met clairement fin à l'entretien.

Fin du round, retour à la case départ (c’est-à-dire mon bureau, entièrement tapissé de rétroplannings).

Je prends alors conscience d’un truc évident : mon boulot presque parfait de dircom, c’est du travail à la chaîne, dont la difficulté ne réside pas tant dans la tâche à accomplir que dans le fait de se trouver au bout de cette chaîne. Je ne suis pas le maillon faible, je suis juste… le dernier.




Merci à Happy Me pour sa très drôle contribution. Elle va susciter des vocations, c'est certain !!

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