Le boulot presque parfait de dircom dans une mairie (1° partie)

Je ne vous apprends rien, l’immense majorité des entreprises et administrations est dotée d’une direction de la communication ; il semble en effet naturel qu’une organisation déploie quelques menus moyens pour tenter d’exister et de déployer son influence dans une société totalement médiatisée, codifiée par l’image et les « messages » en tous genres.

Ex-journaliste, pourvue d’un sens aiguisé du service public et de l’intérêt général, j’ai opté, pleine d’enthousiasme et de conviction, pour ce beau métier de « messager », donc de chargé de com, puis de dircom, que j’ai eu le loisir (quoique « loisir » ne soit, tout bien considéré, pas tout à fait le terme ad hoc) d’exercer dans diverses collectivités locales telles que mairies, communautés d’agglomération…

Dircom en collectivité, c’est, à la base, pourvu d’un certain prestige. Proximité du pouvoir politique, fonction stratégique, tout ça. Pas faux. Mais pas que.

Car, dans les faits, si l’on n’est pas arrivé là au gré de copinages – vive le népotisme dans la les collectivités territoriales, hélas si bien brocardé par l’impertinente Zoé Shepard – mais plutôt sur la foi de ses compétences et de sa motivation, l’expérience se révèle franchement une épreuve.

Depuis les années 70-80, et malgré une professionnalisation certaine du secteur, la communication demeure souvent perçue par les dirigeants comme un métier « facile » (oui oui, comme une fille est « facile ».)

Du coup, souvent, on réserve le poste à la jeune cadette un peu nunuche (mais jolie) de son copain sénateur, laquelle a péniblement obtenu un vague diplôme issu d’une non moins vague école privée d’attachée de presse. Ou encore, à ce vieux pote militant qui, quand il était étudiant, a écrit un ou deux billets d’humeur dans un obscur fanzine ou réalisé une vidéo pour Télé-Université et qui, fort de ces expériences majeures, revêt évidemment toutes les qualités d’un communicant aguerri.

Car oui, c’est un job que les gens imaginent souvent superficiel, c’est « Champagne-paillettes » à tous les étages. Un joli sourire, un relationnel agréable, et hop, on est fait pour la com.

Dans la réalité, c’est un job qui demande de multiples compétences techniques et intellectuelles : parmi elles, qualités rédactionnelles, esprit de synthèse, opiniâtreté, adaptabilité sans limites, et surtout, surtout, une rigueur et un sens de l’organisation que les militaires pourraient vous envier, et même, qui feraient passer Bree Van de Kamp pour une beatnik bordélique.

9h. Depuis 2 jours, le bon-à-tirer du prochain numéro du magazine municipal est en plan chez l’imprimeur car, comme à l’accoutumée, il manque l’éditorial du maire. A peine arrivée au bureau, j’appelle donc pour la Nième fois le directeur de cabinet. Miracle, cette fois je parviens à le joindre. Je lui demande poliment si l’édito que je lui ai demandé il y a 1 mois en lui indiquant la deadline en gras, rouge et corps 18, demande que j’ai ensuite assortie de trois relances par mail elles-mêmes suivies de quatre messages laissés à son assistante… et accessoirement, bordel, en quoi est-ce si compliqué de se rappeler qu’il est censé écrire cet édito tous les mois alors qu’on édite un mensuel depuis 5 ans ? ça n’est plus vraiment, comment dire, heu, une surprise, ou un imprévu, mmh ?… est prêt.

Réponse tranquille de l’individu : « Hein, mais, komansassfé, chkompranpa, pourtant, je te l’ai envoyé y’a 2 jours par e-mail, tu l’as pas reçu ? ça c’est bizarre, mais bon, ma messagerie déconne en moment… » Mmmmmmh, oui, c’est ça, il n’a qu’à me prendre pour une trompette. C’est étrange comme sa messagerie se met à dysfonctionner tous les mois au même moment ; c’est fou ça, quand même, on est plusieurs centaines à bosser ici et il est le seul dont le compte Lotus Notes présente comme un mystérieux syndrome pré-menstruel… Une excuse classiquissime, aussi bidon qu’irréfutable, pour ne pas avouer qu’il s’en fout totalement de me faire patienter jusqu’à la dernière extrême limite et tant pis pour l’état de mon système cardio-vasculaire, et qu’il a tout simplement oublié.

Cela vient me rappeler la réalité de mon job : organiser, planifier, ne JAMAIS rien oublier, y compris – voire surtout – les trucs que les autres sont supposé faire parce que c’est juste leur job…

Mais bon, voilà, je suis une check-list ambulante, mon existence toute entière est un rétroplanning. Mmmmffff.




(la suite au prochain épisode... suspense !!!)


Merci à Happy Me pour sa participation, vous aurez le plaisir de la retrouver mercredi prochain !

6 commentaires:

Lapunaise a dit…
6 octobre 2010 à 10:21

"Il n'a qu'à me prendre pour une trompette" je suis tordue de rire...

meeemyselfandiii a dit…
6 octobre 2010 à 10:51

Ca me rappelle des souvenirs (chargée de comm dans une chambre de commerce :D )
Mais si ça peut te rassurer, en tant qu'assistante commerciale aujourd'hui, je suis toujours une check-list ambulante et je rame toujours autant pour avoir les infos en temps et en heure !

Madmoizelle O a dit…
6 octobre 2010 à 11:11

La suite! La suite!!
Moi je suis comme ME MSELF AND I, assistante co qui va à la peche aux infos et qui doit tout savoir!!

Papillote a dit…
6 octobre 2010 à 11:50

passionnant ! j'adore cette idée de décrire des métiers

L'Epicière a dit…
6 octobre 2010 à 14:04

hé hé... pour la suite, il va falloir être patientes !!!

Lucky Sophie a dit…
6 octobre 2010 à 16:23

j'adore ! vivement la suite !

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