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Le congé mat', pain béni pour l'entreprise ?

OK, mon titre est un peu foireux, puisque je ne travaille pas en entreprise, OK.
Mais mes réflexions me semblent s'appliquer un peu partout dans le monde du travail.



©Alix Minde/AltoPress/Maxppp

Je suis revenue de congé maternité depuis deux mois. Il m'a paru opportun de faire un petit bilan et de vous le faire partager.



Pour vous situer le contexte, il s'agit du deuxième congé maternité de ma vie professionnelle, et je l'ai prolongé d'un mois avec des congés (j'ai tenté de vider mon compte épargne temps, sans grand succès, il faut l'avouer).



Le congé de maternité, surtout lorsqu'il n'est pas remplacé, c'est un peu la plaie des services : on laisse un trou béant pendant -au mieux- quatre mois et ce sont ceux qui restent qui récupèrent la charge de travail.
Pour certains, cette potentielle absence de 4 mois, -renouvelable de surcroit !-, serait une des explications du plafond de verre et des inégalités salariales encore existantes aujourd'hui.

Je ne vais pas jouer à calculer la durée de travail actuelle, versus les congés payés et les chiffres d'arrêt maladie, pour montrer que finalement c'est peanuts (mais si quelqu'un a ces chiffres, je suis preneuse).

Non, je vais plutôt vous parler des bénéfices que m'ont apportés ces 4 mois  (premier congé mat') + 5 mois (deuxième congé mat') d'absence.


Premier bénéfice professionnel de mes maternités : un sens aigu de la priorisation. C'est apparu pendant ma première grossesse : en réunion de service, j'ai reçu une nouvelle qui m'aurait normalement fait sauter au plafond d'énervement. A ma grande surprise, j'ai signifié mon désaccord puis j'ai sobrement laissé couler en me rendant compte que finalement ce n'était pas si grave et que ça n'aurait que peu d'impact sur mon travail. Reposant.


Corollaire de cette faculté à cerner les priorités : je m'épuise moins dans les sujets vains. Ici, le bénéfice n'est pas visible tout de suite, épuisée actuellement que je suis par ma vie familiale trépidante (les nuits hachées par deux petites filles de 3 ans et de 6 mois n'aident pas au repos). Mais je suis persuadée que cette ressource va me permettre d'éviter certains burn out, plus tard.


Troisièmement, le retour après quelques temps d'absence est pour moi l'occasion d'appréhender mes zones de confort et mes zones d'effort. En clair, au retour, j'ai un petit temps d'adaptation pour revenir à mes aptitudes habituelles (ça s’est traduit à chaque fois par 10 jours de migraines en fin de journée). Durant ce temps d'adaptation, j'ai pu découvrir les tâches que je faisais sans effort, aussi rapidement qu'avant et avec du plaisir et celles qui me coûtent énormément de concentration et de motivation. Un peu comme un bilan de compétences express.
Je trouve ce constat extrêmement important pour le déroulement ultérieur de ma carrière. D'ailleurs quelques mois après mon premier retour de congé mat', j'ai pu changer de service et évoluer à un poste qui me paraissait inabordable un an auparavant.


Tous ces bénéfices paraissent peut-être personnels. Mais je suis persuadée que l'entreprise (ou l'administration, OK) a tout à gagner à être dotée de cadres qui savent prioriser leurs tâches, qui ne s'épuisent pas vainement et qui se connaissent assez pour potentialiser leur compétences dans les postes qui leur conviennent.

Et vous, vous avez perçu des changements dans votre manière de travailler à votre retour de congé de maternité ?


Et la courtoisie, bordel ?!

D'abord "Bonne année", parait que c'est courtois de se la souhaiter.
Ah, et s'excuser d'une aussi longue absence aussi. Pardon, on est un peu occupées en ce moment chez les Workings Girls, à partir en congés mat', à gérer les départs en congés mat' de chefs, à revenir de congé mat', etc.
Ahem ! Espérons que 2012 nous permette de tenir nos bonnes résolutions d'assiduité !



A peine trentenaire, le mail était déjà installé dans les échanges professionnels quand j’ai commencé à travailler. Je devrais donc être habituée mais je reste à cheval sur une certaine étiquette. Je n’y peux rien, il y a des choses qui me font frémir à chaque fois.


Source : http://ciberprensa.com/


- "Il n’y a rien de moins cordial qu’un « Cdt » disait Princesse Soso.
Encore pire, le « Cdt » inséré directement dans la signature, qui me donne à chaque fois envie de hurler « Puisque t’es une grosse feignasse, tu pourrais au moins l’écrire une bonne fois pour toute correctement, Connard-en-toutes-lettres ! » .



- LE CLASSIQUE COURRIEL ECRIT TOUT EN MAJUSCULE.
Souvent, il s’agit d’une personne peu au fait des usages du monde virtuel, qui se rend à peine compte qu’oublier sa touche MAJ revient à crier aux yeux de ses destinataires. Le temps, les départs en retraite et la démocratisation des forums et des tchats aidant, c’est de moins en moins fréquent.



- Le mail « TTU- réponse avant demain matin 8h exigée », envoyé à 21h16.
Non, je ne vis pas connectée en continu à mon écran professionnel (le perso, c'est une autre histoire), en cas de réelle urgence, j’ai un téléphone, qui n’est même pas un blackberry. J’ai lu ton message à 10h30, après ma réunion ? Ah-ben-zut.



- Autre dérive de l’avènement des blackberrys et autres smartphones : le mail rédigé n’importe comment (je ne parle même plus de fautes de syntaxe), envoyé à n’importe qui.

Or, je suis une petite chose susceptible, un message qui ne commence pas par « Bonjour/Coucou/Yo/Ma Fonctionnaire d’amour », et qui ne finit pas par une formule lambda « Bisous/Cor-di-â-leu-ment/Merci d’avance/A plus » , ça me hérisse.

De même, un message ordonnant une action, envoyé à moi + une personne vaguement concernée, en omettant le spécialiste du sujet, ça m’enrage. Et non, la réponse « ah mais j’étais en voiture et je n’ai pas eu le temps de retrouver la liste de diffusion adéquate » n’est pas de nature à me calmer.

Enfin, c'est du vécu, un message de ma part expliquant « Nous avons le choix entre deux solutions. Que choisit-on ? » a reçu la réponse suivante : « Pui ». Ah ouaaaaaaaaaaaaais ...


Bref, je suis une vieille conne du courriel.



Et chez vous, qu’est-ce qui vous énerve à en faire trembler votre écran ?

Déplacé ? Stoppé !

Parmi les choses qui m'irritent dans la vie au bureau, il y a les conversations qui n'y ont pas leur place.

Là, tout le monde me voit sous mon vrai jour comme une harpie revêche ne supportant pas le moindre lien au travail. Entendons nous bien, je ne suis pas contre les papotages autour d'une tasse de café, et j'ai même des amis rencontrés au travail. Néanmoins, j'aime éviter le mélange des genres, pour que mon directeur ne sache pas que j'ai eu des crevasses de folie pour mon premier allaitement par exemple.

J'ai récemment pu tester une technique pour faire stopper les conversations qui n'ont pas lieu d'être au travail : trashiser d'un seul coup la conversation afin de choquer les esprits au point de la faire cesser.

Un exemple de ma vraie vie ?

Yolande arrive un matin, après avoir été absente la veille. Claudie lui demande de ses nouvelles. Exactement au moment où je pénètre dans le bureau, Yolande répond "Oh, c'était mes petits problèmes de femme, tu vois ...".

Je rêve, Yolande va nous développer tous les symptômes de son syndrome pré-menstruel ? Et devant une collègue, sa chef et un collègue (en effet, René loge lui aussi dans ce bureau et va avoir le bonheur d'assister à cette enrichissante séance informative) !!

Du tac au tac, j'ai renchéri "Vous savez, s'il faut se coltiner un cancer de la prostate puis les problèmes d'incontinence et d'impuissance, je préfère laaaaargement être une femme".

Blanc.

"Ah, et je venais vous dire bonjour. Bonne journée !"


Et vous, vos astuces pour stopper une conversation déplacée, c'est quoi ?



Dilbert.com

Sinon, y a la technique Dilbert : l'ironie à outrance, mais ça peut vexer.
(Merci Pôpa pour la découverte de Dilbert)


A chaque âge ses désespoirs

En réunion, calage de planning.

X : - Bon, on se revoit à la rentrée alors.

Y : - C'est quand déjà la rentrée ?

La Fonctionnaire : - le 5 septembre.

Y : - OK ...

La Fonctionnaire : - 'tain, c'est horrible, ça doit être ça, être adulte ! Depuis cette année, j'ai l'âge de connaitre les dates de rentrée ...

Y : - Et moi de ne plus les savoir !

X : - ...

La Fonctionnaire : - ... Ah ouais, quand même. Désolée.



Win : 0/5

Glamour : 0/5

Viens dans mon salon !!

Toutes les semaines, ou presque, je reçois une invitation dans un salon.

Non non, je ne suis pas victime de harcèlement (quoique) sexuel ! Mais au bout de quelques mois à travailler dans un certain domaine, mon adresse pro est sur un tas de mailing list, et me voilà invitée de toute part.

"Venez au salon de l'énergie solaire !"
"Le salon du handicap vous ouvre ses portes !"
"Retrouvez tous les professionnels de votre secteur au salon du lavabo !" (???)

Alors il faut faire des choix, drastiques. On pèse le pour et le contre : lequel sera le plus fréquenté ? chez qui aurons-nous le plus de contacts intéressants ? d'infos pertinentes ?

Mais certains ont bien compris ce qui motive vraiment le chaland :


Le pire dans tout ça ???
C'est que je ne reçois jamais ce genre d'invitation !!!

Il n'y a qu'au Fonctionnaire qu'on offre le badge VIP, qui lui fait "bénéficier :
  • de dégustations de crus champagnes de notre partenaire Champ'Market,
  • d'assortiments dégustatifs confectionnés par notre partenaire Riem Becker,
  • d'un café de qualité à volonté sur l'espace Nespresso."
Moi je dis, y a encore du sexisme là dessous ...




Win : 0/5
Glamour : 5/5 (champagne, petit fours et Nespresso, what else ??)

Je ne suis pas psychologue (ça se blogue, ça se blogue)*

*Le premier qui trouve la référence hautement culturelle du titre dans les commentaires aura droit à un dérouleur à scotch high tech.

Marguerite, la secrétaire du service, vient me voir pour m'informer qu'elle repasse à temps plein à partir de début mai.

Dans mon crâne de féministe en herbe écervelée, et de jeune chef qui en a marre de se coltiner les permanences téléphoniques des mercredis, je m'écrie :

"Chouette alors ! Voilà une excellente nouvelle qui me fait bien plaisir !!"

"Ben, pas à moi ..." me répond Marguerite.

[Gros blanc]


...


"Je me sépare de mon mari en fait ... et ..."

[Gros blanc]

[Larmes aux yeux]



OK, ramasse tes dents, la Fonctionnaire, va toucher toutes les poignées de portes de l'étage, roule toi en boule dans un coin et la prochaine fois, putain, REFLECHIS AVANT DE REAGIR.



Win : -3/5
Glamour : 0/5


Et vous, vous en faites des belles boulettes relationnelles au travail ?

Regarde la poutre qui est dans ton écran au lieu de la paille dans celui de ton voisin...

Chez les Working Girls, on aime bien taquiner nos collègues sur leurs petits malheurs dans l'utilisation de l'outil informatique.

Mais nous sommes humaines et donc faillibles. La preuve ?



La semaine dernière, mon ordinateur m'informe que mon disque dur déborde. Il me propose donc de faire un peu de ménage "automatiquement".


Du rangement "gratuit", j'accepte et plutôt deux fois qu'une !

On me propose alors de faire un peu de ménage parmi les logiciels les moins utilisés. Je trie donc la liste par date de dernière utilisation, choppe un tas de logiciel aux noms bizarres non utilisés depuis août 2007 (!), et clique sur Supprimer.

Bazardons les trucs inutiles ...



Le temps que la manip' se fasse et que mon poste redémarre, d'un pas bondissant et alerte, je vais me faire un petit thé, le coeur léger, . Je chantonne même "Le rangement c'est Feng Shui, faire le ménage par le vide, ça libère l'esprit", tout ça.


Je reviens, absolument libérée , et j'ouvre à nouveau ma session.


Rouvrons donc ce document sur lequel je travaillais avant ma petite séance Feng Shui. Double clic, tiens il me propose d' "Enregistrer sous" ... Bizarre ...

Un petit clic droit, "Ouvrir avec", zut Word n'est pas dans la liste des programmes proposés ??? Bien bien bien, ouvrons un peu notre boîte mail pour poser la question au service informatique.

Quoi ??? Outlook a disparu ???


Excell aussi ...


Ah et Power Point s'est fait la malle avec eux, j'espère qu'ils m'enverront une carte postale.


J'ai mis trois heures à appeler le service informatique tellement j'avais honte d'expliquer que j'avais désinstallé tout le pack Office. Entre-temps, j'ai redémarré trois fois pour être certaine de ma boulette, et travaillé sur l'ordinateur d'un collègue, planquée.


Win : 0/5
Glamour : 1/5 (pour le Feng Shui)

Mets toi en lumière ma fille !

Il y a quelques semaines, je papote avec une stagiaire d'un autre service, issue de la même école que moi. Je lui donne quelques conseils sur la façon de rédiger son rapport de stage et sur sa présentation orale.

En effet, j'ai déjà eu à encadrer quelques stagiaires, et j'ai constaté quelques soucis.

Je lui explique : "Il ne faudra pas hésiter à te vendre, à exposer tes compétences et tes atouts dans ta mission. Ne présente pas ce que tu as fait comme normal, mais comme un travail cohérent et construit, à forte valeur ajoutée."

Un conseil que j'ai mis 4 à 5 ans à prendre à mon compte, et fascinée de cette découverte, je tente de la faire partager à mes futurs collègues.

Et là j'ajoute : "De surcroît, en tant que femme. On a moins tendance à s'exposer, à se mettre en avant, et si les femmes sont moins choisies que les hommes, cela n'est pas toujours par pure discrimination de nos chefs, c'est aussi notre attitude qui nous laisse là où nous sommes, car nous n'avons pas l'idée de progresser".

Après notre discussion, je me suis mis ce moment sur pause et me suis demandée si je n'avais pas débité un truc de vieille croutonne avant l'âge . Habituellement, je déteste entendre dire que les femmes sont plus *qualité socialement reconnue plus féminine*. N'avais-je pas fait cela, même si mon propos était inverse ?

Bon sang, me voilà pontifiante après seulement 6 ans d'expérience professionnelle !

Et puis, sur le blog d'Olympe, je découvre le lien vers cette vidéo.



(les non anglophones, vous pouvez mettre des sous titres, en bas à gauche)

Nom de Zeus, je ne suis pas une vieille conne, j'ai juste touché du doigt un des 3 points exposés par Sheryl Sandberg !

Le deuxième point ("faire de son partenaire un vrai partenaire") est acquis chez les Fonctionnaires, limite c'est plutôt moi qui me comporte moins en partenaire dans le couple.

Par contre, le troisième ("ne partez pas avant de partir réellement") m'a foutu une claque. C'est vrai que j'ai anticipé ma première grossesse, je me souviens même que dès la découverte du + sur le test, j'avais proposé à ma chef de service de changer de poste "afin de ne pas gêner le bon fonctionnement du service".

Les filles, je vous le dis : y a du pain sur la planche, mais tout n'est pas perdu !

Ce n'est qu'un au revoir ...

Meuh noooon ! je ne quitte pas le navire ! Les trois mousquetaires restent bien quatre !!

C'est Big Mamma, à force d'être si efficace, si appréciée, qu'elle a récemment changé de poste, aspirée dans les hautes sphères, nous laissant tous désemparés dans le service.

Voici (de mémoire, je n'ai pas pensé à garder de copie) le petit (!!) mot que je lui ai laissé sur la carte de départ.



Big Mamma,

En 2005, tu m'as accueillie dans ton service, surnommé à l'époque "la pouponnière de la Direction" tellement tu avais à coeur de former les jeunes ingénieurs sortis du nid de l'école.

Durant trois ans, tu m'as "tout" appris, de la note administrative au courrier d'engueulade à une entreprise en retard, et même comment m'imposer en réunion de chantier du haut de mes 23 ans/50kg toute mouillée, et ma vilaine propension à sourire à tout bout de champ.

Puis, tu as été appelée à la Direction centrale, où je t'ai rejointe un an plus tard. Un peu comme en adolescence professionnelle, j'ai appris que les règles apprises ici (en réunion de chantier) ne s'appliquent pas forcément là (avec un cabinet d'élu, en réunion de Direction). J'ai navigué dans de nouvelles eaux, guidée, d'un peu plus loin cette fois, par ton expérience toujours bienveillante et efficace.


Aujourd'hui, tu t'en vas, Madame la Directrice. Et je ne me sens pas abandonnée, sans filet. Au contraire, tu as fait de moi une ingénieure pleine d'assurance et c'est en confiance que j'entame désormais une vie professionnelle adulte.

Merci.





C'est un peu grandiloquent, certes (j'avais les larmes aux yeux lors du pot de départ), mais j'ai l'impression que nous sommes plusieurs sur ce blog (et ailleurs !) à vivre actuellement ce tournant vers l'âge adulte de nos vies professionnelles.

Et vous, avez-vous vécu ce type de "tutorat" au début de votre vie pro ? Puis ressenti ce moment où vous étiez enfin indépendants, et aptes à faire des choix pro en toute assurance, seuls.

Quand le pro, le net, et la vraie vie se catapultent

Le pro
Au travail, il y a Anne Flore. Elle est grande, elle est mince, elle est blonde, elle est belle, elle est bien sapée.
Avec les copines, on la déteste.
Elle est hypra efficace, elle répond du tac au tac, elle te démerde un problème méga problématique en un rien de temps.
Non mais on la déteste non ?
Elle est super sympa, elle a de la conversation, c'est une bonne compagne de pot de départ.
Et puis un jour, elle part (sans pot de départ).
Voilà enfin une excellente raison de la détester.


Le perso
A coté du travail, vit Tantine.
Tantine a emménagé à Paris il y a 2 ans et, sympa, m'invite à manger chez elle quelques midis par mois.
Pour Noël, elle m'offre un joli petit livre, bourré d'astuces et de bons plans à Paris : My little Paris - Le Paris secret des Parisiennes.
Il parait que c'est tiré d'un blog "que tu dois forcément connaître". Ben non tiens.

My Little Paris sort son livre from mylittleparis on Vimeo.


Le net
Le soir même, je vais sur le blog, c'est sympa, c'est mode, c'est fun, c'est pratique. Puis je lis le livre. Et tombe sur la liste des auteurs, et retrouve ...

... Anne Flore !!
illustration de Kanako



J'aime bien quand ça se catapulte ainsi dans toutes mes sphères. Pas vous ?




Win : 3/5 (c'est pas moi qui tient un siouper site et qui sort des livres)
Glamour : 5/5 (juste pour Anne Flore)

Temps partiel, temps partiel ...

... est-ce que j'ai une tête de temps partiel ? (bordel)



Mère et working girl, la question vous est forcément posée à un moment ou un autre : "et toi, t'es à temps partiel ?", "et tu vas passer à temps partiel ?".

Il est intéressant de constater que cette question n'est jamais posée au Fonctionnaire, mon mari. Or nous avons fait les mêmes études (lieu de notre rencontre ♥), nous avons le même grade et la même paye.

Non, je n'ai rien contre le temps partiel (ou si peu).
Mais diantre, pourquoi serait-il mon apanage, mon destin de femme ? Si le temps partiel devient envisageable dans notre projet de famille (et je tiens à cette idée de projet familial) un jour, il est évident que la question du qui ? sera posée. Nous en avons parlé avec Le Fonctionnaire, et il n'exclut pas la possibilité de passer à 80% un jour, pourquoi pas. Il est d'ailleurs pour l'instant plus ouvert que moi sur le sujet !

Non, je n'ai rien contre le temps partiel.
Dans mon service actuel, trois femmes à 80% dont une à un poste à responsabilité. Toutes avec un mantra "heureusement que j'ai un temps partiel, sinon je ne sais pas comment j'y arriverais". Cette phrase me fait dresser les cheveux sur la tête. Nul mention du couple parental, c'est leur choix (?) pour leur gestion du quotidien. C'est obligé, sans ça, elles n'y arriveraient pas, ce n'est pas le choix de voir plus leurs enfants, ou d'alléger leur vie pro, mais bien de gérer le quotidien. Deux exemples de phrases réellement entendues :

"Heureusement que j'ai mes mercredis, sans ça, je ne sais pas comment je gérerais la bouffe et les lessives seulement sur le WE." On est ici dans le cas d'un couple à grade et salaire égal :et pourquoi ce n'est pas Monsieur qui prend ses mercredis, mmmh ?

"Non mais le temps partiel, avec ma fille en CE2, c'est obligé maintenant, avec tout ses devoirs !" Je n'ai toujours pas compris en quoi les devoirs (qui sont à faire tous les soirs non ?) obligeaient à une présence les mercredis.

Il est intéressant de constater qu'un homme du service est en "semaine de 4 jours". cela signifie qu'il effectue ses 39h sur 4 jours au lieu de 5. C'est un temps plein, dispersé sur 4 jours. Nulle perte de salaire.

Alors les hommes à la semaine de 4 jours et les femmes à 80% ?


Non, je n'ai rien contre le temps partiel. Mais pour moi, aujourd'hui, temps partiel = mort programmée de ma carrière professionnelle. Cela signifie le début de la pente vers le congé parental, la femme au foyer. Un peu comme si je laissais mon écharpe se prendre dans un engrenage qui m'entrainerait forcément vers l'étouffement.

Je sais que l'image est probablement trop violente pour être juste, mais j'ai grandi entourée de femmes au foyer. J'ai entamé ma vie professionnelle en me demandant comment une femme pouvait travailler en ayant des enfants, puisque je n'avais eu aucun modèle. Je me rappelle très bien que cette question était présente dès la sortie des études.

Mes modèles, ce sont ma première chef Big Mamma et mes premières collègues, qui m'ont prouvé par l'exemple que oui, c'était possible d'être femme, compétente, mère, avec une belle évolution de carrière.

Me voilà donc un peu rassurée, mais je reste encore sur mes gardes, comme si je craignais un revirement subi. C'est idiot : pourquoi, et surtout qui m'imposerait un temps partiel ou un arrêt d'activité professionnelle si je n'en ai pas envie ?

Ce qui pourrait me faire évoluer, c'est (encore une fois) l'exemple de ces femmes (mes pourvoyeuses de citations) qui envisagent le temps partiel comme temporaire, une phase de leur vie (l'une d'elle en est à sa 3e période de temps partiel selon l'âge de ses enfants).


Non, je n'ai rien contre le temps partiel. M'enfin, aujourd'hui, quand on me pose la question du temps partiel, je n'ai qu'une envie : passer des concours pour gravir les échelons plus vite, et pouvoir répondre "Moi ? t'es foooolle ! on peut pas perdre un bout de mes revenus, il serait plus intéressant que ce soit Le Fonctionnaire qui y passe aujourd'hui !"



Et vous, le temps partiel ? Souhaité, choisi, subi ?

Traiter son prochain de con n'est pas un outrage ...

... , mais un diagnostic. (Frédéric Dard)


Ces derniers temps, Katarina a une tâche ingrate mais primordiale : pour ranger l'immense foutoir d'une pile de document atteignant le plafond (au moins), elle doit créer des classeurs, assortis de leurs intercalaires.

Las ! Deux jours après le commencement de la tâche, je découvre qu'elle a intitulé ses intercalaires "Diagnostique truc", "Diagnostique machin", etc.

"Hum, Katarina, tu as bien avancé à ce que je vois, merci ! Il y a juste un léger souci. Diagnostic s'écrit avec un C, pas un Q"

"Ah ? Bon OK, je refais tout ça"


Le lendemain, la totalité des intercalaires est corrigée. Je me frotte les yeux, et tourne fébrilement plusieurs intercalaires, change de classeurs, tandis qu'un rire nerveux me prend.

Sur tous les intercalaires, on lit à présent :









DIAGNOSTICUE









Win : 0/5
Glamour : 0/5

Entretien d'évaluation le retour

Il y a deux semaines, je vous parlais de Claudie en entretien d'évaluation.

Cette semaine, j'me la pète ! Voici le mien.

J'ai changé de chef en septembre. Big Mamma, N+2, me propose donc de me noter directement, car la nouvelle n'a pas eu le temps de bien me connaître.

L'entretien se passe (très) bien, moults compliments s'abattent sur moi telle la $£#*% de pluie automnale parmi lesquels je retiens "ingénieur de talent".

Je ressors un peu scotchée de l'entretien. Pour moi, le talent est réservé aux chanteurs et aux zartistes, pas aux ingénieurs ...

La nouvelle chef, appelons la Domitille, me demande comment cela s'est passé je lui explique rapidement, et notamment le "talent" dont je ne me suis pas remise.

Une semaine plus tard, sans préavis je reçois un mail de Domitille.

Même si je n'ai pas fait ton entretien, je te livre quand même l’appréciation que j'aurai mis sur ta feuille de notation mais ingénieur de talent de Big Mamma convient très bien aussi :

« Durant la vacance de quelques mois à la tête de la section cette année, La Fonctionnaire a su parfaitement prendre en charge l’ensemble des dossiers, les faire avancer et gérer l’équipe avec efficacité. Son enthousiasme sans faille et ses facilités relationnelles en font un moteur de la dynamique du service. Très compétente sur le plan technique, elle est également douée de qualités rédactionnelles, d’analyse et de synthèse, qualités qui, à n’en pas douter, présagent d’une carrière brillante déjà bien amorcée ».

Domitille



Depuis, je vous raconte pas mes chevilles :



et la Pollueuse me traite de 'spèce d'ingé d'talent dès qu'on se cause ...

La vie n'est pas facile tous les jours ...


Win : 259/5
Glamour : 0/5 (t'as vu ces shoes ???)

Entretien d'évaluation

Bonheur et joie de la Fonction Publique ! Octobre est le mois des entretiens d'évaluation/notation/formation (oui, tout ça à la fois).

Aujourd'hui, Claudie.

Comme on l'apprend en cours de management, je dois laisser parler l'évaluée un maximum, afin que le bilan de l'année qui vient de se passer soit surtout le sien. Et c'est toujours intéressant d'entendre ses collaborateurs exposer leur ressenti, et la façon dont ils ont appréhendé leurs objectifs.

- Alors Claudie, tu connais le principe de l'entretien d'évaluation. On est là pour faire le bilan de l'année écoulée, et se donner les objectifs de l'année suivante.

- Mmmmouih ...

- Je te propose donc de commencer.

- ...

- Raconte moi cette année, tes évolutions de tâches, les faits marquants, etc.

- ... alooors ... évolution de tâches, ben non, rien n'a changé (un projet s'est terminé, un dossier lui a été retiré) , et puis les faits marquants, euh...

- ... Oui ? ...

- ben non, rien . Ah si !!! on a déménagé !


Claudie est donc passée du bureau 514 au bureau 510 (elle marche donc 8 mètres de moins depuis l'ascenseur le matin), et c'est ce qui a marqué ses 365 derniers jours au service de la Fonction Publique.


Win : 0/5
Glamour : 0/5

Raleur !

La Fonctionnaire ayant travaillé tout l'été (menteuse !), se trouva fort dépourvue lorsque sa cantine ferma pour cause de travaux.

La cantine suivante n'était pas bien loin, mais elle drainait beaucoup plus de monde, était moins sympa, et -forcément- avait des temps d'attente décuplés.

Au fil du temps, le bruit avait couru que la petite cantine mignonne ne rouvrirait pas, que les locaux avait été revendus.

Et, soudain, alors que le souvenir de la petite cantine sympa commençait à disparaitre des esprits, bonheur ! on annonça sa réouverture en grandes pompes, avec photos souvenirs et groupe de jazz s'il vous plaît !

Le jour J, la Fonctionnaire se dirige vers la petite cantine, le baume au cour et le sourire au lèvres. Finie la cage d'escalier vert bouteille et les parois lie-de-vin ! Même la vaisselle parait plus propre !

Une photo crétine-souvenir (chorégraphie à base de plateaux) avec les collègues plus tard, elle découvre le groupe de jazz, sympa et sobre.

Et derrière elle, soudain :

"Ah non quand même, la musique, vous auriez pu éviter hein !
Comme si on avait pas assez de bruit dans nos vies alors !!!"



Image tirée de l'excellent album du French Raleur

Hippolyte, le retour

Pfiou les amis ! Je sors à peine d'une faille spatio-temporelle incroyable, (d'ailleurs Denver le dernier dinosaure est très sympathique et a souhaité embrasser tous les lecteurs du blog).

Vous vous rappelez d'Hippolyte ? L'admirateur de mon "profil" ?

La semaine dernière grande réunion, encore avec les gens du "terrain". Certains m'accueillent d'ailleurs avec des "oulalah on va encore avoir des tableaux à remplir". Hum.

La réunion commence par un sujet ardu, marchés public, risque juridique, nouveau Code, etc. etc.

Puis c'est à mon tour. Je suis là pour présenter un document pondu par mon service, et j'en suis vraiment fière. Il s'agit d'un condensé le plus exhaustif possible de toute la réglementation sur l'accessibilité aux handicapés dans les bâtiments publics. Six mois que deux ingénieurs travaillent à compiler des textes abscons, à retourner le sujet dans tous les sens pour être certain de ne rien omettre.
Mais surtout à rendre l'information très accessible à chacun, y compris ceux qui n'ont pas le temps de se coltiner la veille technique et réglementaire.

Bref, je suis détendue, à l'aise, et je m'apprête à débuter mon sujet.

Hippolyte introduit donc mon sujet en disant
"A présent, un sujet plus sexy : le handicap !"



Oui, j'ai eu un joli fou rire en début de présentation.


Win : 2/5
Glamour : 5/5 (toujours avec Hippolyte !)




PS : l'illustration est une publicité contre la discrimination envers les personnes atteintes de handicap au travail.

Questionnaire chinois - avenant

Il manque une question au questionnaire chinois.

Une question primordiale, en fait. A laquelle j'ai eu la réponse la semaine dernière, et sans même l'avoir posée.


Voici LA question :
A quelle photo célèbre ressemblez-vous,
d'après vos collègues de travail ?



Donc moi, c'est ça :

Diane Arbus, Child with Toy Hand Grenade, Central Park, N.Y.C., 1962


Je ne sais si je dois rire ou pleurer ...


Rassurons nous comme on peut, je ne ressemble pas à ça (j'espère) :
Diane Arbus, Untitled, 1970-71





Win : 0/5
Glamour : 0/5 Lien
J'assiste, comme souvent en ce moment, à une réunion. Réunion houleuse entre les "gens du terrain" à qui ma chef présente, un peu tard (et c'est ce qui les chagrine), un projet pour lequel on va leur demander des informations, du temps et des hommes. Projet qui va modifier considérablement leur travail les 20 prochaines années tout de même.

Je ne suis là que pour ... en fait je ne sais pas trop pourquoi je suis là. J'ai fait la petite main au tout début du lancement du projet (rédiger un rapport d'analyse, lancer un bon de commande) juste avant que l'équipe dédiée ne se mette en place. Je suis à présent un des multiples interlocuteurs donnant son avis sur les thèmes qui lui sont réservés.

La réunion houleuse se termine enfin (pendant tout ce temps, j'ai rédigé 2 notes au brouillon, on s'occupe comme on peut).

Alors que je m'approche d'eux, Hippolyte, grand chef des "terrains" explique à ma chef (appelons la Big Mamma) qu'il fallait ab-so-lu-ment une personne à temps plein pour faire le relais entre le terrain et le projet. Hippolyte se tourne alors vers moi : "Il faudrait que ce soit La Fonctionnaire qui fasse ça".


Je suffoque, bouche ouverte.

Le temps que je retrouve mon aquarium, Big Mamma explique que j'ai déjà un travail à temps plein et que ce n'est pas vraiment mon rôle. Mes esprits revenus, je complète en expliquant que pour cette mission, il y a justement une équipe de 3 personnes dont ce sera le rôle en phase opérationnelle du projet.


Hippolyte a répondu "Ah non mais moi, je réfléchissais en terme de profil"

J'ai répondu (et je remercie La Pollueuse de m'avoir prêté son souffleur ce jour-là) que j'étais très flattée de son compliment sur ma silhouette et j'ai tourné les talons.



- Voyons, Hippolyte, ne vous fâchez pas.
- Vous avez raison, La Fonctionnaire, à y regarder de plus près, ce projet me paraît très intéressant"


Win : 5/5
Glamour : 5/5 Lien

Tourne ta langue toi-même

L'autre jour, des copines (du genre que je côtoie tous les jours sur un blog ...) papotent de la présence ou non de tables à langer dans les toilettes.

Elles notent devant moi, que lorsqu'il y en a, c'est toujours chez les filles, c'est énervant, s'énervent-elles.

J'acquiesce, en bonne féministe, ah oui alors, quand même, comme si les mecs pouvaient pas changer une couche alors, n'importe quoi hein.

L'une d'elles ajoute "c'est comme les chiottes handicapées, c'est toujours, enfin, très souvent chez les filles. Ça renvoie constamment l'idée femme=fragile=handicapé, bordel !"

En passionaria de l'accessibilité, du texte réglementaire mystérieux et des bonheurs de son application, je m'enflamme :
"non mais c'est impossible ce que tu dis. Lorsqu'il y a des sanitaires adaptés, ou bien il n'y en a qu'un, et les autres sanitaires aussi sont mixtes, ou alors s'il y en a un chez les femmes, il y en a un aussi chez les hommes. C'est pas possible autrement !!!"

Puis le lendemain, j'arrive au bureau. Et je remarque sur les sanitaires fraichement rénovés, étroits comme un couloir, le logo "Homme". Les autres sont en cours de travaux, ce sont les sanitaires filles, et on va y créer un sanitaire accessible ...

Hum ....

Win = 0/5

Glamour: 0/5

Tourne ta langue ...


Ma chef part bientôt.
Plus exactement elle est sur le départ, à mi -temps entre son ancien taf (être ma chef) et son nouveau (me quitter et partir ailleurs, la pauvre, comment fera-t-elle sans moi ?).

Suite logique et cohérente pour tout être humain normal, elle se désinvestit peu à peu de son ancien boulot pour se réinvestir ailleurs. Normal et je ne lui en veux pas.

Comme je suis son adjointe (ce qui me permet d'être chef aussi, youpi tralala, la classe), je récupère temporairement le boulot ce qui me permet de bâcler briller aux regards de tous.

J'ai notamment la joie et le bonheur ultime d'assister aux "comités de bilan d'opérations", qui sont des réunions dont l'objet est de .... faire le bilan des opérations (des chantiers en langage normal).

Ce matin, je la croise, et lui dis que j'en ai un, youpi tralala, ô joie - c'est comme les bouquins de Kundera, quand t'en as vu un, tu les as tous vu-.

Elle me répond :
"En ce moment, y en a pas beaucoup hein".

"Juste un par semaine, voire deux quand même"

"Ah oui forcément, c'est toi qui les fais tous !"




Nooooooon, je ne lui en veux pas, pas du tout.


Win = 0/5

Glamour: 0/5 (l'abus de comité de bilan machinchose nuit sérieusement à la sexytude)

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