Mais mes réflexions me semblent s'appliquer un peu partout dans le monde du travail.
| ©Alix Minde/AltoPress/Maxppp |
Je suis revenue de congé maternité depuis deux mois. Il m'a paru opportun de faire un petit bilan et de vous le faire partager.
Pour vous situer le contexte, il s'agit du deuxième congé maternité de ma vie professionnelle, et je l'ai prolongé d'un mois avec des congés (j'ai tenté de vider mon compte épargne temps, sans grand succès, il faut l'avouer).
Le congé de maternité, surtout lorsqu'il n'est pas remplacé, c'est un peu la plaie des services : on laisse un trou béant pendant -au mieux- quatre mois et ce sont ceux qui restent qui récupèrent la charge de travail.
Pour certains, cette potentielle absence de 4 mois, -renouvelable de surcroit !-, serait une des explications du plafond de verre et des inégalités salariales encore existantes aujourd'hui.
Je ne vais pas jouer à calculer la durée de travail actuelle, versus les congés payés et les chiffres d'arrêt maladie, pour montrer que finalement c'est peanuts (mais si quelqu'un a ces chiffres, je suis preneuse).
Non, je vais plutôt vous parler des bénéfices que m'ont apportés ces 4 mois (premier congé mat') + 5 mois (deuxième congé mat') d'absence.
Premier bénéfice professionnel de mes maternités : un sens aigu de la priorisation. C'est apparu pendant ma première grossesse : en réunion de service, j'ai reçu une nouvelle qui m'aurait normalement fait sauter au plafond d'énervement. A ma grande surprise, j'ai signifié mon désaccord puis j'ai sobrement laissé couler en me rendant compte que finalement ce n'était pas si grave et que ça n'aurait que peu d'impact sur mon travail. Reposant.
Corollaire de cette faculté à cerner les priorités : je m'épuise moins dans les sujets vains. Ici, le bénéfice n'est pas visible tout de suite, épuisée actuellement que je suis par ma vie familiale trépidante (les nuits hachées par deux petites filles de 3 ans et de 6 mois n'aident pas au repos). Mais je suis persuadée que cette ressource va me permettre d'éviter certains burn out, plus tard.
Troisièmement, le retour après quelques temps d'absence est pour moi l'occasion d'appréhender mes zones de confort et mes zones d'effort. En clair, au retour, j'ai un petit temps d'adaptation pour revenir à mes aptitudes habituelles (ça s’est traduit à chaque fois par 10 jours de migraines en fin de journée). Durant ce temps d'adaptation, j'ai pu découvrir les tâches que je faisais sans effort, aussi rapidement qu'avant et avec du plaisir et celles qui me coûtent énormément de concentration et de motivation. Un peu comme un bilan de compétences express.
Je trouve ce constat extrêmement important pour le déroulement ultérieur de ma carrière. D'ailleurs quelques mois après mon premier retour de congé mat', j'ai pu changer de service et évoluer à un poste qui me paraissait inabordable un an auparavant.
Tous ces bénéfices paraissent peut-être personnels. Mais je suis persuadée que l'entreprise (ou l'administration, OK) a tout à gagner à être dotée de cadres qui savent prioriser leurs tâches, qui ne s'épuisent pas vainement et qui se connaissent assez pour potentialiser leur compétences dans les postes qui leur conviennent.
Et vous, vous avez perçu des changements dans votre manière de travailler à votre retour de congé de maternité ?









